Bâtiment de la Résidence générale de Lyautey
La Résidence du Protectorat français, communément désignée sous le nom de Résidence de Lyautey, s’impose comme l’un des jalons architecturaux les plus emblématiques de la ville nouvelle de Rabat. Achevée en 1924, cette œuvre magistrale Albert Laprade et Henri Prost figures de proue de l’architecture et de l’urbanisme des débuts du XXème siècle au Maroc, incarna, jusqu’à l’avènement de l’indépendance en 1956, le centre du pouvoir résidentiel et l’expression monumentale de la présence française au Maroc.
À partir de 1956, l’édifice entama une nouvelle trajectoire institutionnelle : d’abord affecté à la chancellerie diplomatique de l’ambassade de France, il fut rétrocédé à l’État marocain dans les années 1980. Depuis lors, il abrite les services du ministère de l’Intérieur, consacrant ainsi son intégration durable dans l’appareil administratif du Maroc souverain.
Sur le plan architectural, la Résidence illustre avec éclat le style néo-mauresque promu du temps du Protectorat : une composition monumentale, une symétrie rigoureuse et un vocabulaire architectonique et décoratif puisés dans les arts décoratifs marocains s’y conjuguent pour exprimer à la fois prestige et continuité.
Aujourd’hui pleinement intégrée au tissu de la ville nouvelle de Rabat, l’ancienne Résidence participe à la valeur universelle exceptionnelle du paysage urbain inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012, témoignant avec force d’une séquence historique où se croisent pouvoir, création moderne et esthétique patrimoniale.